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Docteur B. ROSENBLUM BEER-GABEL
Chirurgien dentiste

Vieillissement et mauvaise haleine

La mauvaise haleine peut parfois s’installer progressivement avec l’âge.
La cavité buccale vieillit, comme tout l’organisme. Ses modifications organiques et tissulaires entraînent des modifications physiologiques qui peuvent expliquer l’halitose.
Ces changements peuvent prendre la forme:

- d’une déglutition lente et faible

- d’une diminution du volume des muscles masticateurs et une perte de tonus musculaire

- d’un os alvéolaire moins dense ; des troubles parodontaux, comme une parodontolyse horizontale généralisée.

- d’une gencive amoindrie : avec l’âge, les gencives ont tendance à reculer.

- de dents fragilisées : les racines sont dénudées car la gencive est descendue. Celles-ci ne sont pas recouvertes d’émail, elles sont donc plus fragiles et on note de nombreuses caries de collet, d’autant plus que l’alimentation des séniors est souvent peu équilibrée, trop riche en sucres.

- d’une raréfaction de la production de salive. Elle est liée à l’âge et à la déshydratation car les personnes âgées n’éprouvent pas le besoin de boire ; elle est souvent aussi en rapport avec les traitements médicamenteux contre l’hypertension, la dépression…
Chez les patients âgés, la salive stagne, les débris de nourriture sont nombreux, la flore microbienne change, les prothèses sont fréquentes.

Or, la salive est indispensable au maintien d’une bonne santé buccale. C’est une
défense contre l’infection locale. Elle a un rôle antiseptique grâce au lysozyme, enzyme
anti-bactérienne.

De plus, elle est un facteur important dans la tenue des appareils. En effet, la salive fait un film d’eau. En excès, elle peut perturber la bonne tenue de la prothèse, mais son déficit induit un manque de tenue et des douleurs. La réduction du flux salivaire cause une accumulation plus grande de la plaque dentaire et une réduction de l’activité anti-bactérienne.

Toutes ces modifications induisent des pathologies diverses telles qu’une mastication
altérée, des caries des racines , une usure des dents , ou une candidose* buccale (une
mycose , un champignon), qui peuvent être à l’origine de la mauvaise haleine.

La mauvaise haleine (halitose) peut en outre être aggravée par un mauvais entretien des prothèses.
Nos aînés ont en effet très souvent eu recours à des reconstitutions prothétiques pour remplacer les dents manquantes.
S’ils ont des prothèses fixes, c’est-à-dire des couronnes ou des bridges, la méthode de brossage déjà indiquée est suffisante.
Le problème est différent lorsqu’ils ont en bouche des prothèses adjointes partielles ou totales, c’est à dire des appareils amovibles, réalisés en résine ou en métal et résine, remplaçant quelques dents ou bien la totalité des dents : ces prothèses demandent un entretien régulier et rigoureux.

Comment combattre l’halitose
Il faut veiller à avoir une alimentation équilibrée, privilégiant les produits frais, riches en fibres, vitamines et minéraux.
Il est très important d’insister sur la nécessité de boire de l’eau régulièrement (un litre et demi minimum par jour).
En cas de bouche très sèche, il est possible de se faire prescrire des substituts de salive.

Il faut encourager les séniors à consulter leur chirurgien dentiste au moins une fois par an. L’hygiène bucco-dentaire doit être rigoureuse :
les porteurs de prothèse adjointe (appareils complets ou partiels avec crochets), doivent brosser leur appareil après chaque repas, avec une brosse à dents spéciale dentier et un dentifrice ou un savon. Ils doivent également utiliser des solutions nettoyantes qui permettent de nettoyer l’appareil aux endroits difficilement accessibles avec la brosse à dents.
Il faut également masser les gencives, le palais, la face interne des joues, et brosser le dos de la langue avec une brosse à dents souple, même lorsqu’il n’y a plus de dents, pour éliminer la plaque dentaire et irriguer la muqueuse buccale.

* Les candida, à l’origine des candidoses, sont des germes retrouvés dans la salive et sur la muqueuse buccale de nombreux sujets sains. Ils deviennent pathogènes (actifs) lorsque l’hygiène buccale est défectueuse ou bien quand il y a une diminution du débit salivaire local.

Bibliographie :

Courtois, J. : actualités scientifiques, l’halitose
Miller C., Morvan C., Parmentier P. : nutrition et santé bucco-dentaire : rôle du                                                     chirurgien dentiste
Chevaux JM., Nanfi C., Brocker P., Giumelli B. :
                    candidoses oro-pharyngées et prothèses amovibles chez les sujets âgés :                     les facteurs favorisants diagnostic et traitements
Actualités Odonto-stomatologiques n°200, décembre 1997 : Hygiène bucco-dentaire chez le sujet denté du troisième âge.

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