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Docteur B. ROSENBLUM BEER-GABEL
Chirurgien

Salive, langue, bactéries et mauvaise haleine

• Qu’est-ce que la salive ?
C’est un liquide incolore, composé essentiellement d’eau (99%), d’électrolytes, de sels minéraux et de substances organiques (urée et enzymes digestives).
La salive est secrétée en permanence par les canaux excréteurs des glandes salivaires. Sa production, sous la dépendance du système nerveux autonome, est stimulée par l’odeur, la vue, la pensée et le goût. Le pH* salivaire est neutre (pH 7). Il varie durant le sommeil, après les repas, ou après le brossage. Le pH diminue lorsqu’il y a une sécrétion salivaire insuffisante ou bien lorsqu’il y a un diabète.
Dans la bouche, la salive provenant des glandes est mélangée aux aliments.
Son rôle est important : elle lubrifie les surfaces dentaires et les muqueuses, elle oxygène la cavité buccale, elle imbibe le bol alimentaire lors de la mastication, ce qui lui confère une action mécanique, elle a aussi une action chimique, grâce à l’amylase salivaire (enzyme salivaire) qui transforme les glucides en maltose.

* Le pH, abréviation de potentiel d’hydrogène est le coefficient indiquant si une solution est acide ou basique. Le pH est neutre à 7, acide inférieur à 7 et basique supérieur à 7.

• Qu’est-ce que la langue ?
La langue est un organe musculaire mobile, recouvert d’une muqueuse rose constamment humide. Sa surface est tapissée de papilles sensorielles, les unes tactiles, les autres gustatives. Elle est aplatie, étroite dans sa partie antérieure (pointe de langue), plus large et plus épaisse en arrière (base de langue), où les papilles caliciformes, au nombre de neuf à douze, forment le V lingual.
Cet organe, très vascularisé, situé dans la cavité buccale sert à la mastication, à la phonation et à la déglutition.
La langue a un rôle important dans le brassage alimentaire. C’est aussi l’organe du goût, grâce à ses papilles gustatives. Celles-ci permettent de reconnaître les différentes saveurs sucré, salé, amer, acide. La langue présente de nombreuses crevasses et villosités qui peuvent mesurer entre 50 à 100 micromètres.
En médecine chinoise, l’examen de la langue est un moyen de diagnostic important.
Cet examen comprend deux parties, d une part l’étude de la langue elle-même, d’autre part une étude de l’enduit lingual. Il y a deux systèmes de correspondances entre les zones de la langue et les organes : l’un est en rapport avec la localisation de l’enduit, l’autre avec la langue.

• Que sont les bactéries ?
Les bactéries sont des organismes unicellulaires dont les dimensions sont de l’ordre du micromètre. Elles ne peuvent- être observées qu’au microscope.
Elles sont présentes dans l’air que nous respirons, dans le sol, sur la peau, dans le corps humain (dans l’intestin, dans la bouche), dans certains aliments (le yaourt, certains fromages).
Certaines bactéries sont utiles, d’autres sont responsables de maladies.
Certaines bactéries ont besoin d’oxygène pour se développer (bactéries aérobies), d’autres vivent sans oxygène, (anaérobie).
A la naissance, la cavité buccale est stérile. Une flore aérobie primaire se développe dès le premier jour. On peut compter des bactéries anaérobies dans certaines bouches dans les 10 premiers jours de la vie. Ces bactéries sont présentes dans presque toutes les bouches avant l’éruption des dents et existent toujours lors de l’apparition des incisives. Leur nombre augmente souvent avec l’âge.
La flore est compatible avec une bonne santé bucco-dentaire.
Lorsqu’il y a un équilibre bactérien, il n’y a aucune conséquence pathologique. Lorsqu’ il apparaît un déséquilibre, certaines bactéries peuvent devenir actives et se multiplier plus rapidement. Ce déséquilibre résulte d’une modification de l’environnement buccal (une infection dentaire ou parodontale), une maladie systémique, une grande fatigue, un stress.

• Comment se développe une mauvaise haleine ?
Les bactéries buccales anaérobies ont un rôle prépondérant dans le développement de l’halitose. Si l’écosystème est déséquilibré, les bactéries responsables de la mauvaise haleine, bactéries anaérobies, trouvent un milieu favorable à leur développement en surnombre. La mauvaise haleine s’installe. Ce déséquilibre peut avoir pour origine une sécheresse buccale, une maladie parodontale, un traitement médicamenteux, etc…
Les microbiologistes expliquent que les bactéries se logent au fond des villosités de la langue, privées d’oxygène, ou bien sur le dos de la langue au niveau du V lingual.
Les bactéries d’un très faible diamètre (1 micromètre), colonisent les crevasses et secrètent des enzymes qui décomposent les protéines alimentaires et dégradent les acides aminés* sulfurés (cysteine, cystine, méthionine), en composés volatils sulfurés (CSV).
Ces CSV sont le sulfure d’hydrogène et le méthyl mercaptan, qui donnent ce “tapis épais” sur le dos de la langue. Ces molécules, une fois libérées dans l’air provoquent une mauvaise haleine. Le méthyl mercaptan est un gaz ayant une odeur de chou putréfié. Il est produit naturellement dans certains aliments comme le fromage par exemple.

* Acides aminés : Ce terme définit une famille de composés dans lesquels on retrouve une fonction amine et une fonction acide carboxylique.
On dénombre 20 acides aminés naturels courants.

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