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Docteur B. ROSENBLUM BEER-GABEL
Chirurgien dentiste

Et si nous parlions de la pseudo-halitose et de l’halitophobie ?

Depuis quelque temps déjà, vous ne vous sentez pas à l’aise. Vous êtes très attentif au comportement de votre entourage.
Au bureau, vous avez le sentiment que vos collègues mettent la main devant leur nez quand vous prenez la parole. Vous trouvez qu’ils s’éloignent de vous ou qu’ils détournent la tête lorsque vous parlez. Ils vous évitent.
Vous êtes persuadé d’avoir mauvaise haleine, et c’est cela qui vous met mal à l’aise.

Désormais, vous guettez chaque signe, vous relevez chaque indice, chaque mouvement des gens que vous côtoyez.
Pourtant, personne ne vous a jamais dit ouvertement que votre haleine etait forte et qu’elle était incommodante.
Mais cette mauvaise haleine interfère sur votre vie privée et votre vie professionnelle. Elle vous gâche la vie, cela vous procure une grande souffrance, parce que, elle vous renvoie une image négative de vous-même.

• Que faire ?

Tout d’abord, il ne faut pas hésiter à se confier à ses proches, sa famille ou ses amis.

Il faut oser poser franchement la question:
“Trouvez vous que j’ai mauvaise haleine ? Depuis quand l’avez vous remarquée ?”

Il faut aussi leur demander une vraie réponse, sans détour.

La réponse est négative, mais vous restez persuadé que vos proches ne vous ont pas dit la vérité.

• Réfléchissez

- Recherchez à quand remonte votre halitose.

- Posez- vous les bonnes questions, comme :

C’est curieux, ma “mauvaise haleine” est apparue lorsque j’ai appris qu’un parent ou un ami très proche est tombé gravement malade, y-a-t-il un rapport ?
Mon “haleine” est forte depuis que j’ai eu une grande contrariété dans ma vie privée, à mon travail , y-a-t-il une relation entre les deux ?
Je suis déprimée, j’ai la langue qui me brûle, y-a-t-il une relation ?

Cette réflexion personnelle est très importante car certains paramètres : somatisation, obsession, dépression, anxiété, angoisse, paranoïa. sont constants lorsque la mauvaise haleine est liée à des problèmes psychologiques.

En effet, la perception de l’odeur est intimement liée à l’émotion.
L’odorat passe par un trajet neuronal particulier. Il est en relation avec le rhinencéphale et par là même nous relie à nos émotions.
La perception de l’odeur est fortement associée à l’affectif et de nombreux paramètres doivent être pris en compte.
Notre cerveau, lorsqu’il identifie une odeur, l’associe à une émotion ou a un contexte affectif et la mémorise.
De plus, l’odorat est le moteur essentiel du goût.

• Consultez un praticien

Il vous fera faire un bilan complet :
- une radiographie panoramique, qui permettra d’éliminer les origines dentaires ou parodontales
- un bilan sanguin, pour éliminer un diabète, une maladie rénale…
- il pratiquera les tests permettant de mesurer le taux de composés volatils sulfurés et un test sur les bactéries anaérobies, responsables du développement des CVS.

Vous êtes persuadé que vous avez mauvaise haleine, que les gens s’éloignent tant l’odeur est insupportable. Pourtant cela n’a nullement été formulé.
Vous souffrez d’une pseudo halitose.
Le résultat négatif du bilan vous permettra d’être convaincu qu’il n’y a rien. Il vous faudra alors faire un travail sur vous même pour revivre normalement

Parlez à votre praticien de vos difficultés et de votre mal être. Il vous aidera à réagir.

Dans certains cas, heureusement peu fréquents, la personne pense dégager une mauvaise odeur que personne ne peut détecter ; il est le seul à le ressentir ; c’est ce que Pryse-Phillips, en 1971 a décrit comme “le syndrome de référence olfactive”.
Il faut tout de même faire dans ce cas là une recherche de triméthylaminurie encore appelé syndrome à odeur de poisson.
Ce syndrome est un désordre métabolique, caractérisé par l’élimination dans l’urine, la sueur, la salive, les sécrétions vaginales et l’air expiré de cette amine tertiaire qui a une odeur caractéristique de poisson en cours de décomposition, odeur particulièrement repoussante.

L’halitophobique, lui, ne veut absolument pas croire qu’il n’a rien.
Même en voyant les mesures tout à fait normales, il ne peut pas croire qu’il n’est pas malade. Pour lui, ce sont les appareils de mesure qui ne fonctionnent pas.
Il reste persuadé qu’il est très “atteint”. Seule une thérapie pourrait l’aider, mais, rares sont les personnes qui acceptent de consulter.

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