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Dr Michael LISS
Parodontologiste
Parodontopathies, tabac et toxicomanie
Les parodontopathies sont des affections qui intéressent les tissus de soutien de la dent. Elles peuvent se manifester par des pertes de gencive et d’ os pouvant conduire à la perte de l’organe dentaire (la dent ). Il ne faut pas oublier que les parodontopathies sont une des causes de la mauvaise haleine. Le tabagisme et la toxicomanie peuvent augmenter les risques de développer ces maladies.
• Le tabac
On reconnaît la part de responsabilité du tabac dans le développement de nombreuses pathologies comme les: maladies cardio-vasculaires,le cancer. Les tissus buccaux en subissent également les effets nocifs.
La parodontite (inflammation des tissus de soutien de la dent en profondeur avec perte gingivale et osseuse )apparaît aussi comme une conséquence.
Le tabac transforme la flore bactérienne buccale. Il en résulte une inflammation locale, une modification de la structure du tissu conjonctif parodontal, une modification de la quantité de la salive secrétée ainsi que sa composition.
Il est admis que la consommation de tabac constitue un risque important dans le développement de la maladie parodontale.
Plusieurs études vont dans ce sens :
- les fumeurs présentent plus de parodontopathies que les non fumeurs.
- la fréquence de la maladie parodontale est proportionnelle à la quantité de cigarettes consommées.
- la gingivite ulcéro-nécrotique ( inflammation de la gencive caractérisée par une perte et une ulcération des papilles gingivales ) est aussi plus fréquente chez les fumeurs.
Le tabac potentialise la perte d’os alvéolaire(os de soutien de la dent) chez les patients sains et augmente la sévérité de la parodontite chez les patients atteints.
Le tabac modifie la flore bactérienne et favorise la survenue d’agents bactériens impliqués dans le déclenchement de la parodontite.
Le tabac affecte le système immunitaire général, ce qui rend plus difficile la lutte de certaines cellules contre l’invasion bactérienne.
La nicotine intervient aussi sur le fibroblaste (cellule gingivale responsable de la cicatrisation et de la réparation du tissu gingival). Les altérations du fibroblaste peuvent avoir des incidences sur les cancers de la muqueuse buccale.
Ainsi le fibroblaste revêt toute son importance dans la progression des parodontites et dans le processus de réparation locale.
Les fumeurs présentent des hypersialies ( augmentation du débit salivaire).
Le tabac conduit à une baisse d’immuno-globulines IGA salivaires ainsi qu’a une augmentation du tartre supra-gingival (présent au-dessus de la gencive).
Le tabac apparaît donc comme un facteur aggravant de la maladie parodontale. Il apparaît que 58% de la population française est concernée.
• La toxicomanie
Les toxicomanes peuvent être atteints de gingivorragies (hémorragies au niveau des gencives) conséquence d’une insuffisance hépatique d’origine virale dans la plupart des cas. 32% des toxicomanes sont séropositifs (VIH).
Ces patients immunodéprimés et séropositifs peuvent avoir des gingivites HIV, des gingivites ulcéro-nécrotique , des parodontites HIV.
Les principales complications de la toxicomanie étant infectieuses, il est nécessaire d’éviter toute infection bactérienne secondaire consécutive à la présence de germes dans la cavité buccale.
Il conviendra chez ces patients d’insister sur les instructions d’hygiène buccodentaire et sur le choix d’une antibiothérapie adaptée.
En présence d’une hépatite virale, il conviendra d’éviter les médicaments hyper-toxiques (paracétamol, salicylés). Il faut éviter également les anesthésies avec vasoconstricteurs.
D’autre part , l’héroïne, dérivé de la morphine , peut entraîner des parodontolyses (destruction de l’os).
Ainsi, les alvéolyses horizontales (diminution horizontale de la hauteur de l’os) généralisée et précoces chez des sujets jeunes, peuvent constituer un élément de suspicion d’usage de cette drogue.La toxicomanie, tout comme le tabagisme présente une implication certaine dans la maladie parodontale.