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Langue et haleine

La langue est un organe puissant :

  • composé de 35 muscles. Certains de ces muscles constituent la langue elle-même, d’autres lui permettent de modifier sa position.
  • qui occupe une place importante dans la cavité buccale.

Elle est constituée de deux couches musculaires revêtues d’une muqueuse rugueuse caractérisée par la présence de papilles, d’irrégularités et de fosses qui facilitent l’accumulation de bactéries et de débris en putréfaction, surtout en arrière.

La langue comporte une innervation motrice (le nerf hypoglosse), sensitive (le nerf lingual) et aussi une innervation sensorielle gustative.

Nous y trouvons une microflore :
Streptococcus anaérobies facultatifs (dont S. salivarius), 38,3%, flore de Veillon, 14,5% (Cocci gram négatifs qui habitent les cavités naturelles du corps humain), des bactéries Gram+ pour 13% environ, des Fusibactéries…
Il y a aussi une importante flore saprophyte. Ces bactéries sont inoffensives.
Leur rôle principal est le recyclage de la matière (surtout végétale) afin de maintenir l’équilibre biologique dans la nature.

 

De nombreux cas d´halitose ont pour origine une cause locale.
Cette mauvaise haleine provient en particulier des souches bactériennes qui logent dans les villosités de la langue. Elles catabolisent leur nourriture en émettant des sulfures volatils plus ou moins malodorants.
Cette nourriture peut provenir du mucus, riche en protéines qui existe, par exemple lors des rhinites allergiques et de l’écoulement post nasal.

Des études ont été réalisées sur l’enduit lingual :

En grattant la langue d´un grand nombre de sujets, les uns souffrant d´halitose et les autres ayant une odeur buccale naturellement agréable, les chercheurs du Forsyth Institute de Boston ont dénombré pas moins de 92 souches différentes.
Les observations permettent de dresser un inventaire des souches absentes chez les sujets présentant une halitose et présentes chez les autres.
Ces observations permettent de noter que les Streptococcus salivarius, Rothia mucilaginosa et certains groupes d´Eubacteria non caractérisés seraient des souches probablement inactives dans le catabolisme des molécules soufrées (Paster in ADA News Fev. 20, 2003 ; Dr Alain Chanderot).
La mauvaise haleine a un rapport étroit avec le catabolisme des protéines qui débouche sur l´émission de composés volatils sulfurés.
Ces sulfures proviennent de la putréfaction des peptides, provenant du catabolisme* des mucines présentes dans la salive.

*Le catabolisme : ensemble de réactions enzymatiques de dégradation de macromolécules en molécules de faible taille. Ces réactions s’effectuent avec une libération d’énergie.

Cette réaction ne peut pas se créer seule, il faut un « déclencheur ». Elle s´initie par une activité (repérée grâce à des papiers colorés indicateurs) de la bêta galactosidase (Sterer. J Dent Res 2002 ; 81 : 182-5 ; Dr Alain Chanderot).

 

C’est donc, d’après cette étude, la bêta- galactosidase qui serait responsable de l’halitose d’origine linguale.

La bêta-galactosidase est une hydrolase capable d’hydrolyser une liaison osidique faisant intervenir un galactose en position bêta.
Les hydrolases constituent une classe d’enzymes qui catalysent les réactions d’hydrolyse d’esters.
La bêta galactosidase est l’enzyme qui scinde le lactose et le galactose.

Conseils pratiques :
Si vous avez des coulées permanentes dans l’arrière gorge, n’hésitez pas à consulter un ORL. Vous souffrez peut-être d’une rhinite allergique, excellente nourriture pour les bactéries.
Brossez matin et soir la langue avec un gratte langue.
Pensez à vous hydrater. Buvez au moins un litre et demi d’eau chaque jour.

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