Préservez votre santé
Docteur Williams JOSSE
Médecin de Prévention
Ministère de la Santé et du Travail
La grippe aviaire (ou grippe du poulet ou influenza aviaire)
Sources extraites du Ministère de la Santé
• Situation en France
Quelles sont les recommandations pour les voyageurs au retour des pays affectés par la grippe aviaire ?
A ce jour, tant que la transmission inter-humaine n’est pas avérée, aucune mesure particulière telle que quarantaine, port d’un masque de protection, prise de sang ou traitement ne doit être proposé systématiquement aux personnes revenant des zones d’épizootie. Le dépistage systématique du virus A (H5/N1) ne présente pas d’intérêt ; il n’y a aucun argument épidémiologique pour prescrire une sérologie.
Si le voyageur présente un syndrome grippal dans les sept jours après son retour d’une zone touchée par l’épizootie (fièvre > 38°c accompagnée d’une toux, d’un essouflement et de douleurs articulaires et musculaires), il est important de prendre l’avis d’un médecin via le centre 15.
Quelles sont les mesures prises par la France pour éviter que cette maladie s’installe sur le territoire ?
Afin de lutter contre la propagation du virus de la grippe aviaire en Europe, le 23 janvier 2004, la France et ses partenaires européens ont arrêté les mesures suivantes : interdiction d’importer des volailles vivantes, des viandes de volaille et des œufs provenant de Thaïlande (seul pays importateur affecté par la grippe aviaire). Depuis, le 29 janvier 2004, l’Union Européenne a interdit l’importation des oiseaux de volière et des oiseaux d’ornement accompagnant les voyageurs en provenance des pays affectés par la grippe aviaire. En ce qui concerne les plumes de volatiles en provenance des pays affectés (literie, vêtements,…), celle-ci subissent des traitements d’inactivation des germes microbiens et ne présentent donc pas de risque particulier.
Y a-t-il un risque de contamination lié à la consommation de volailles ou d’œufs ?
Rappelons tout d’abord l’interdiction, au sein de l’union européenne, d’importer des volailles vivantes, des viandes de volaille et des œufs en provenance de Thaïlande (seul pays importateur affecté par la grippe aviaire).
La transmission du virus Influenza aviaire s’effectue par voie aérienne. Selon l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA), le risque de contamination de l’homme par ingestion de viandes infectées est considéré comme faible voire négligeable : d’une part, l’infectiosité des virus influenza est détruite très rapidement à des températures supérieures à 60°C (pendant 5 minutes à 60°C, 1 minute à 100°C). D’autre part, dans l’hypothèse d’une ingestion de viande de volaille ou d’œuf contaminés et crus, le virus serait détruit par l’acidité du liquide gastrique (voir le site de l’AFSSA, http://www.afssa.fr, fiche d’évaluation du risque encouru par l’homme lié à la consommation de viande de volaille infectée par un virus de l’influenza aviaire).
Quelles seraient les mesures sanitaires prises en France en cas de survenue de cas de virus influenza aviaire dans un élevage ?
Les mesures prises par les autorités françaises seraient de deux types :
des mesures visant à limiter l’extension de la maladie dans les élevages touchés : elles sont prises par les services de la Direction générale de l’alimentation (DGAl) du Ministère chargé de l’agriculture. (voir le site Internet http://www.agriculture.gouv.fr)
des mesures visant à éviter les risques de transmission du virus influenza aviaire à l’homme et ses conséquences possibles (voir la question sur les réassortiments), et graduées en fonction de l’évolution de la situation épidémiologique en France. Ces mesures sont de trois types et s’adressent aux personnes les plus exposées, c’est à dire celles qui travaillent ou interviennent dans une zone contaminée :
mesures de protection et d’hygiène individuelle, visant à éviter tous risque de transmission du virus influenza aviaire à l’homme dans l’exploitation affectée (outre les recommandations émises par les services vétérinaires comme la mise en place de pédiluve à la sortie des bâtiments contaminés, le port de combinaison et de masques de protection…), notamment :
- le lavage fréquent des mains à l’eau et au savon puis rinçage à l’eau, surtout dès la sortie des exploitations,
- le lavage puis la désinfection des bottes à la sortie des exploitations.
mesures de protection individuelle, visant à prévenir l’infection par le virus Influenza aviaire chez l’homme : un traitement prophylactique antiviral serait donné sur prescription médicale aux populations les plus exposées dans l’exploitation affectée par la grippe aviaire.
mesures de protection collective, visant à limiter le risque de réassortiment génétique : une vaccination contre le virus de la grippe humaine (vaccin inactivé de la saison en cours) des populations les plus exposées serait décidée par les autorités sanitaires.