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Préservez votre santé
Dr Jacques FRIDMAN
Enseignant à la faculté de Médecine de PARIS XII
Maître de stage en médecine générale
Membre actif du CNGE

Les complications méconnues ou sous estimées des grosses chaleurs et des
pics caniculaires.

C’est le sujet à la mode et d’actualité. On n’entend parler que de ça par tous les
canaux : les médias télévisés, les médias radiodiffusés, la presse écrite, bref, tout le monde.
Il s’agit bien entendu de cette vague de chaleur qui risque d’égaler celle d’il y a 2 ans avec les conséquences funestes que l’on sait.

Il est évident que nos organismes sont mal préparés à une telle « agression ». Quand j’étais jeune (j’ai au dessus de 50 ans), il y avait de vraies saisons. L’hiver n’était pas trop sévère mais il faisait froid et il y avait de la neige à chaque fois. Le printemps était doux et agréable, l’été était chaud mais rien à voir avec ce qu’on endure maintenant, et l’automne était mordoré comme une belle arrière saison.

Il faut reconnaître que ce rythme naturel est bien perturbé depuis quelques années, et comme le dit le langage populaire « il n’ y a plus de saisons ».

Et malheureusement, c’est la période chaude que notre corps supporte le moins.

D’abord, il y a le soleil qui brille fort et tout le monde maintenant connaît les dégâts et conséquences graves des rayons ultra violets au niveau de la peau avec des expositions solaires prolongées sans protection, tant chez l’adulte que surtout chez l’enfant.

Mais il y a aussi et surtout les rayons infra rouges ceux qui donnent la chaleur.

Pourtant la nature avait bien fait les choses : nous avons un système de régulation de la température corporelle assez efficace, tant pour le froid que pour le chaud. Mais le corps humain souffre plus vite des très grandes chaleurs. Et c’est ce qui se passe actuellement.

Le grand problème est la déshydratation car c’est avec et grâce à son eau que notre corps régule la température qui normalement se situe entre 36 et 37 ° Celsius au repos.

Comment fait il ?

Tout simplement quand il fait trop chaud, ou quand on fait un exercice musculaire important comme le sport intensif, la température du corps augmente.

Pour lutter contre cette température anormalement élevée, notre corps va réguler et faire chuter cette température en expulsant de la chaleur sous forme d’eau : de l’urine (la plus grande quantité, minimum 1,5 litre par 24h en temps normal), de la transpiration, de la vapeur d’eau dans notre respiration, et l’eau contenue dans les selles.

Mais toute cette eau perdue il faut la compenser.

C’est pour cela qu’en temps normal les médecins et autres professionnels de santé disent qu’il faut boire au minimum1, 5 l d’eau par jour. Mais 1,5 l d’eau compenserait juste les pertes en urines. Heureusement qu’il y a de l’eau partout dans l’alimentation, et que sans le savoir « vous mangez de l’eau » environ 800 ml à 1 litre par jour.

Je vous rappelle que le corps humain contient 2/3 d’eau et que perdre de l’eau entraîne de graves conséquences qui peuvent être immédiates et brutales, surtout sur des organismes fragiles tels les enfants, les personnes âgées, les malades.Vous en avez tous entendu parler. Il s’agit de baisse de la pression artérielle, de tachycardie, de céphalées, de coup de chaleur, de vertiges, de grande fatigue, de crampes, de « point
de côté ». Il y a aussi à la longue l’augmentation de substances toxiques dans le sang car, s’il y a moins d’eau, le sang est plus « concentré » et les substances toxiques sont plus « concentrées » donc indirectement plus importantes.

Donc il faut boire, boire et reboire surtout quand il fait très chaud, et encore plus chez le sportif ou le travailleur de force. Il faut faire boire les jeunes enfants qui souvent ne savent pas réclamer, et aussi les personnes âgées qui souvent n’ont plus la sensation de soif.

Mais à côté de ces gros risques dus à la déshydratation, il y en a d’autres beaucoup moins graves mais qu peuvent être gênants, voir très gênants.

Un de ceux-ci est la mauvaise haleine encore appelée « halitose ».

Dans le cas de la déshydratation, il ne s’agit pas d’une vraie halitose, mais d’une sécheresse de la cavité buccale par manque de salive. Le manque de salive favorise le développement de certaines souches microbiennes qui elles en se dégradant donnent une mauvaise odeur à l’haleine. Le manque de salive perturbe à la fois une bonne mastication et aussi une bonne déglutition. Ainsi il reste des débris alimentaires dans la cavité buccale ce qui est source de mauvaise haleine.

Alors, en périodes de grandes chaleurs, quand un enfant ou une personneâgée « sent du bec », commencez par les faire boire de l’eau à température ambiante ou fraîche (même celle du robinet qui est, à Paris, l’eau la plus contrôlée et la moins chère !).

Mais ne donnez pas que de l’eau pure : colorez la avec des sirops sans sucres, ou donnez aussi des jus de fruits coupés d’eau à moitié ou encore des eaux gazeuses naturelles car pour des raisons « physico-chimiques » de l’eau trop « pure » ou trop froide aggrave la transpiration

Au total, si la mauvaise haleine (halitose) n’est pas catastrophique en soi, elle peut révéler l’amorce d’une déshydratation qui, elle, peut être grave, voir gravissime. Rappelez vous le nombre de décès de l’été 2003.

On n’en est pas là, mais pensez à boire et à faire boire, surtout l’été, et encore plus avec la canicule actuelle qui agresse nos petits organismes.

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